Je travaille l’argile, principalement du grès. Je sculpte dans la masse, aux doigts et aux poings, happé par cet espace mystérieusement situé entre mondes abstraits et figuratifs, happé par leur porosité réciproque — un espace où résideraient la vérité du non-savoir et tous les verbes du silence…

Plus je m’y échappe, plus le fruit de ce cheminement intérieur me rapproche, par mirages successifs, d’une essence qui ne serait pas tout à fait nous, mais de laquelle nous dériverions — oserions-nous l’appeler Amour ?, au point exact de jonction où se séparent et se rejoignent, peut-être, l’ombre et la lumière.

Drapées de leur intemporalité minérale, mes pièces se rêvent projetées dans un en-deçà de la parole, portant en elles des germes que seul un regard, un toucher, peuvent encore faire éclore. Elles se tiennent aux abords du mystère de ce qui nous a précédé, de ce qui nous traverse et de ce qui nous survivra. Aux abords de la vie, en somme.

PROCESSUS

Après un premier séchage partiel, les sculptures sont scindées en plusieurs parties afin d’être évidées, puis l’ensemble est ensuite reconstitué et recollé à l’argile.
Passée la dernière phase de séchage (plusieurs semaines), deux cuissons minimums se présentent (à 980°C, pour solidifier l’argile, puis à 1240 / 1320°C – cuisson des émaux). Ces cuissons ont lieu dans mon four à bois de type Phoenix, chacune d’entre elles dure entre 18 et 26 heures, temps pendant lequel j’alimente mon four en bois sans discontinuité jusqu’à atteindre la température désirée.

La majorité de mes pièces reçoivent plusieurs cuissons d’émaux, s’inscrivant dans une temporalité de production de plusieurs mois (entre chaque cuisson le stock de bois doit être réétabli, tronçonné, stocké, et il ne m’est en outre pas possible de cuire en été lors des trop fortes chaleurs et en raison des risques d’incendies, de même j’évite les périodes de gel en hiver pour les premières cuissons des pièces encore crues).

Chaque recette d’émail est réalisée par mes soins, combinant plusieurs minéraux en poudre (feldspath, silice, kaolin, chaux, dolomie, etc) auxquels j’ajoute ou non des oxydes métalliques pour y allouer des couleurs (oxyde de cobalt, de fer, de cuivre, etc..) et une certaine quantité d’eau. Ces émaux sont ensuite tamisés à deux reprises avant leur application sur les pièces, afin d’obtenir une granulométrie la plus fine possible et accroître la bonne fusion pendant les cuissons des minéraux les constituant. Le rendu final des émaux (mat, satiné, brillant, etc…) découle de plusieurs facteurs dont…: la recette, l’épaisseur de l’émail, l’argile sur lequel il est posé, sa montée en température, le temps de palier une fois la température atteinte, son temps de refroidissement, sa position dans le four et l’enfournement des autres pièces l’avoisinant, le type de four, les phases de cuissons réductrices, etc, etc…).

La conjuguaison de ces multiples cuissons d’émaux révèlent, tels pour des glacis, des jeux de transparences et de contrastes où semble se narrer l’indicible de temps successivement fusionnés aux autres à travers le prisme du feu. Elles s’inscrivent ainsi au sein d’un long et lent cheminement où les “échecs” se transmutent souvent en lucarne vers de nouvelles voies d’expérimentations, délestant in fine la maîtrise au jeu des flammes et à la beauté de l’inconnu.

Au-delà des flammes, la qualité d’un silence,
qui s’épaissit, devient consistance…
Mes mains travaillent à élaborer ce que je ne sais pas.
Elles ne savent pas où elles vont mais s’y dirigent pourtant…

Je tente de ne pas m’y opposer.

… L’immensité du ciel. La terre a reposé l’hiver, exposée au gel et à la pluie… Je la recueille. Surface crevassée, d’ocres sombres et claires, mouchetée de résidus de feuilles en décomposition, crevasses au fond desquelles l’on pourrait lire l’avenir… Le regard y glisse, happé : les chutes sont souvent débuts aux grandes aventures.

Mû par cette tension de l’inconnu sur lequel désormais tout repose, je porte ce trésor argileux à l’atelier. Une ligne dessinée par le temps, peu profonde, appelle à y enfoncer la main. Le mouvement est lancé… À son contact, l’énergie de l’argile invite au voyage, les échelles des dimensions soudain se confondent. Un pli devient mont, un mont devient nez. Ce qui prend à peine figure se défigure… La lumière nourrit ses ombres.

Fruit de cette exhaltation, de cette communion minérale, de ses au-delàs au creuset desquels germent, lentement, tous les possibles, mon travail se meut en transformation intérieure, le sang qui m’anime est du même fer que ces argiles, des millions, des milliards d’années nous relient et-  le temps n’existe plus…

REPÈRES

Né le 21 mars 1978, à Nantes.

1996 / 2016 : Expérimentations et voyages en Audiovisuel, Théâtre et Cinéma.

2012 / 2014 : Diplomé du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains (Tourcoing, France).

2017: Rencontre avec l’argile.

2018: Premiers modelages et sculptures, en autodidacte, dans une cave troglodyte à Dieulefit (Drôme).

2019 / 2023 : Construction d’un four à bois haute température (1000-1300°C), élaboration d’émaux et cuissons des pièces.

2-21 mai 2023: Première exposition personnelle, par le Centre Européen de Conques (Aveyron).

Janvier 2024: Fin du « Cycle 1 » … Début du « Cycle 2 ».

2024 / 2026 : « Cycle 2 »

25 mai 2026: médaille du Prix du Sénat, festival L’Art à la Perrière (France)

Autoportrait au bonnet « jaune », après 20 heures de cuisson, 2024.

Je travaille l’argile, principalement du grès. Je sculpte dans la masse, aux doigts et aux poings, happé par cet espace mystérieusement situé entre mondes abstraits et figuratifs, happé par leur porosité réciproque — un espace où résideraient la vérité du non-savoir et tous les verbes du silence…

Plus je m’y échappe, plus le fruit de ce cheminement intérieur me rapproche, par mirages successifs, d’une essence qui ne serait pas tout à fait nous, mais de laquelle nous dériverions — oserions-nous l’appeler Amour ?, au point exact de jonction où se séparent et se rejoignent, peut-être, l’ombre et la lumière.

Drapées de leur intemporalité minérale, mes pièces se rêvent projetées dans un en-deçà de la parole, portant en elles des germes que seul un regard, un toucher, peuvent encore faire éclore. Elles se tiennent aux abords du mystère de ce qui nous a précédé, de ce qui nous traverse et de ce qui nous survivra. Aux abords de la vie, en somme.

PROCESSUS

Après un premier séchage partiel, les sculptures sont scindées en plusieurs parties afin d’être évidées, puis l’ensemble est ensuite reconstitué et recollé à l’argile.
Passée la dernière phase de séchage (plusieurs semaines), deux cuissons minimums se présentent (à 980°C, pour solidifier l’argile, puis à 1240 / 1320°C – cuisson des émaux). Ces cuissons ont lieu dans mon four à bois de type Phoenix, chacune d’entre elles dure entre 18 et 26 heures, temps pendant lequel j’alimente mon four en bois sans discontinuité jusqu’à atteindre la température désirée.

La majorité de mes pièces reçoivent plusieurs cuissons d’émaux, s’inscrivant dans une temporalité de production de plusieurs mois (entre chaque cuisson le stock de bois doit être réétabli, tronçonné, stocké, et il ne m’est en outre pas possible de cuire en été lors des trop fortes chaleurs et en raison des risques d’incendies, de même j’évite les périodes de gel en hiver pour les premières cuissons des pièces encore crues).

Chaque recette d’émail est réalisée par mes soins, combinant plusieurs minéraux en poudre (feldspath, silice, kaolin, chaux, dolomie, etc) auxquels j’ajoute ou non des oxydes métalliques pour y allouer des couleurs (oxyde de cobalt, de fer, de cuivre, etc..) et une certaine quantité d’eau. Ces émaux sont ensuite tamisés à deux reprises avant leur application sur les pièces, afin d’obtenir une granulométrie la plus fine possible et accroître la bonne fusion pendant les cuissons des minéraux les constituant. Le rendu final des émaux (mat, satiné, brillant, etc…) découle de plusieurs facteurs dont…: la recette, l’épaisseur de l’émail, l’argile sur lequel il est posé, sa montée en température, le temps de palier une fois la température atteinte, son temps de refroidissement, sa position dans le four et l’enfournement des autres pièces l’avoisinant, le type de four, les phases de cuissons réductrices, etc, etc…).

La conjuguaison de ces multiples cuissons d’émaux révèlent, tels pour des glacis, des jeux de transparences et de contrastes où semble se narrer l’indicible de temps successivement fusionnés aux autres à travers le prisme du feu. Elles s’inscrivent ainsi au sein d’un long et lent cheminement où les “échecs” se transmutent souvent en lucarne vers de nouvelles voies d’expérimentations, délestant in fine la maîtrise au jeu des flammes et à la beauté de l’inconnu.

Au-delà des flammes, la qualité d’un silence,
qui s’épaissit, devient consistance…
Mes mains travaillent à élaborer ce que je ne sais pas.
Elles ne savent pas où elles vont mais s’y dirigent pourtant…

Je tente de ne pas m’y opposer.

… L’immensité du ciel. La terre a reposé l’hiver, exposée au gel et à la pluie… Je la recueille. Surface crevassée, d’ocres sombres et claires, mouchetée de résidus de feuilles en décomposition, crevasses au fond desquelles l’on pourrait lire l’avenir… Le regard y glisse, happé : les chutes sont souvent débuts aux grandes aventures.

Mû par cette tension de l’inconnu sur lequel désormais tout repose, je porte ce trésor argileux à l’atelier. Une ligne dessinée par le temps, peu profonde, appelle à y enfoncer la main. Le mouvement est lancé… À son contact, l’énergie de l’argile invite au voyage, les échelles des dimensions soudain se confondent. Un pli devient mont, un mont devient nez. Ce qui prend à peine figure se défigure… La lumière nourrit ses ombres.

Fruit de cette exhaltation, de cette communion minérale, de ses au-delàs au creuset desquels germent, lentement, tous les possibles, mon travail se meut en transformation intérieure, le sang qui m’anime est du même fer que ces argiles, des millions, des milliards d’années nous relient et-  le temps n’existe plus…

REPÈRES

Né le 21 mars 1978, à Nantes.

1996 / 2016 : Expérimentations et voyages en Audiovisuel, Théâtre et Cinéma.

2012 / 2014 : Diplomé du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains (Tourcoing, France).

2017: Rencontre avec l’argile.

2018: Premiers modelages et sculptures, en autodidacte, dans une cave troglodyte à Dieulefit (Drôme).

2019 / 2023 : Construction d’un four à bois haute température (1000-1300°C), élaboration d’émaux et cuissons des pièces.

2-21 mai 2023: Première exposition personnelle, par le Centre Européen de Conques (Aveyron).

Janvier 2024: Fin du « Cycle 1 » … Début du « Cycle 2 ».

2024 / 2026 : « Cycle 2 »

25 mai 2026: médaille du Prix du Sénat, festival L’Art à la Perrière (France)

Autoportrait au bonnet « jaune », après 20 heures de cuisson, 2024.

Je travaille l’argile, principalement du grès. Je sculpte dans la masse, aux doigts et aux poings, happé par cet espace mystérieusement situé entre mondes abstraits et figuratifs, happé par leur porosité réciproque — un espace où résideraient la vérité du non-savoir et tous les verbes du silence…

Plus je m’y échappe, plus le fruit de ce cheminement intérieur me rapproche, par mirages successifs, d’une essence qui ne serait pas tout à fait nous, mais de laquelle nous dériverions — oserions-nous l’appeler Amour ?, au point exact de jonction où se séparent et se rejoignent, peut-être, l’ombre et la lumière.

Drapées de leur intemporalité minérale, mes pièces se rêvent projetées dans un en-deçà de la parole, portant en elles des germes que seul un regard, un toucher, peuvent encore faire éclore. Elles se tiennent aux abords du mystère de ce qui nous a précédé, de ce qui nous traverse et de ce qui nous survivra. Aux abords de la vie, en somme.

PROCESSUS

Après un premier séchage partiel, les sculptures sont scindées en plusieurs parties afin d’être évidées, puis l’ensemble est ensuite reconstitué et recollé à l’argile.
Passée la dernière phase de séchage (plusieurs semaines), deux cuissons minimums se présentent (à 980°C, pour solidifier l’argile, puis à 1240 / 1320°C – cuisson des émaux). Ces cuissons ont lieu dans mon four à bois de type Phoenix, chacune d’entre elles dure entre 18 et 26 heures, temps pendant lequel j’alimente mon four en bois sans discontinuité jusqu’à atteindre la température désirée.

La majorité de mes pièces reçoivent plusieurs cuissons d’émaux, s’inscrivant dans une temporalité de production de plusieurs mois (entre chaque cuisson le stock de bois doit être réétabli, tronçonné, stocké, et il ne m’est en outre pas possible de cuire en été lors des trop fortes chaleurs et en raison des risques d’incendies, de même j’évite les périodes de gel en hiver pour les premières cuissons des pièces encore crues).

Chaque recette d’émail est réalisée par mes soins, combinant plusieurs minéraux en poudre (feldspath, silice, kaolin, chaux, dolomie, etc) auxquels j’ajoute ou non des oxydes métalliques pour y allouer des couleurs (oxyde de cobalt, de fer, de cuivre, etc..) et une certaine quantité d’eau. Ces émaux sont ensuite tamisés à deux reprises avant leur application sur les pièces, afin d’obtenir une granulométrie la plus fine possible et accroître la bonne fusion pendant les cuissons des minéraux les constituant. Le rendu final des émaux (mat, satiné, brillant, etc…) découle de plusieurs facteurs dont…: la recette, l’épaisseur de l’émail, l’argile sur lequel il est posé, sa montée en température, le temps de palier une fois la température atteinte, son temps de refroidissement, sa position dans le four et l’enfournement des autres pièces l’avoisinant, le type de four, les phases de cuissons réductrices, etc, etc…).

La conjuguaison de ces multiples cuissons d’émaux révèlent, tels pour des glacis, des jeux de transparences et de contrastes où semble se narrer l’indicible de temps successivement fusionnés aux autres à travers le prisme du feu. Elles s’inscrivent ainsi au sein d’un long et lent cheminement où les “échecs” se transmutent souvent en lucarne vers de nouvelles voies d’expérimentations, délestant in fine la maîtrise au jeu des flammes et à la beauté de l’inconnu.

Au-delà des flammes, la qualité d’un silence,
qui s’épaissit, devient consistance…
Mes mains travaillent à élaborer ce que je ne sais pas.
Elles ne savent pas où elles vont mais s’y dirigent pourtant…

Je tente de ne pas m’y opposer.

… L’immensité du ciel. La terre a reposé l’hiver, exposée au gel et à la pluie… Je la recueille. Surface crevassée, d’ocres sombres et claires, mouchetée de résidus de feuilles en décomposition, crevasses au fond desquelles l’on pourrait lire l’avenir… Le regard y glisse, happé : les chutes sont souvent débuts aux grandes aventures.

Mû par cette tension de l’inconnu sur lequel désormais tout repose, je porte ce trésor argileux à l’atelier. Une ligne dessinée par le temps, peu profonde, appelle à y enfoncer la main. Le mouvement est lancé… À son contact, l’énergie de l’argile invite au voyage, les échelles des dimensions soudain se confondent. Un pli devient mont, un mont devient nez. Ce qui prend à peine figure se défigure… La lumière nourrit ses ombres.

Fruit de cette exhaltation, de cette communion minérale, de ses au-delàs au creuset desquels germent, lentement, tous les possibles, mon travail se meut en transformation intérieure, le sang qui m’anime est du même fer que ces argiles, des millions, des milliards d’années nous relient et-  le temps n’existe plus…

REPÈRES

Né le 21 mars 1978, à Nantes.

1996 / 2016 : Expérimentations et voyages en Audiovisuel, Théâtre et Cinéma.

2012 / 2014 : Diplomé du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains (Tourcoing, France).

2017: Rencontre avec l’argile.

2018: Premiers modelages et sculptures, en autodidacte, dans une cave troglodyte à Dieulefit (Drôme).

2019 / 2023 : Construction d’un four à bois haute température (1000-1300°C), élaboration d’émaux et cuissons des pièces.

2-21 mai 2023: Première exposition personnelle, par le Centre Européen de Conques (Aveyron).

Janvier 2024: Fin du « Cycle 1 » … Début du « Cycle 2 ».

2024 / 2026 : « Cycle 2 »

25 mai 2026: médaille du Prix du Sénat, festival L’Art à la Perrière (France)

Autoportrait au bonnet « jaune », après 20 heures de cuisson, 2024.